Évaluation de la santé d’un lac

 

La science des lacs

La science des lacs est une discipline relativement nouvelle. Ce n’est qu’à la fin des années 1960 que les scientifiques ont commencé à étudier sérieusement l’impact négatif de l’activité humaine sur les cours d’eau. Compte tenu de la multitude de lacs et de rivières qu’on y trouve, il n’est pas étonnant que le Canada ait joué un rôle important dans cette recherche. En fait, c’est par le travail accompli dans la région « Experimental Lakes Area – ELA » dans le nord de l’Ontario que l’on a pris connaissance des effets nocifs des pluies acides et du phosphore produits par l’industrie sur nos cours d’eau.

Complexité de la tâche

Même si nous en savons maintenant beaucoup plus sur les nombreuses interventions de l’homme qui menacent nos lacs et nos rivières, on n’a toujours pas de façon simple d’évaluer la santé d’un lac dans son ensemble ou de prédire son avenir. Ceci découle de la très grande complexité d’un lac en tant que système dont l’état peut être influencé par de nombreux facteurs. En conséquence, une quantité importante de données doit être recueillie et analysée afin de déterminer son état actuel et futur. Les paramètres à considérer sont :

  • le ph (c’est à dire: alcalinité/acidité)
  • la transparence
  • la turbidité
  • la température
  • les niveaux de phosphore, de chlorophylle a, d’oxygène et de calcium
  • la population et la reproduction des poissons
  • la présence d’espèces envahissantes, algues, plantes aquatiques et périphyton et ainsi de suite.

Pour compliquer les choses, en raison de la dynamique d’un lac, les valeurs des paramètres mesurés peuvent varier considérablement d’un endroit à l’autre et d’un échantillon à l’autre. C’est seulement en recueillant une grande quantité de données de plusieurs paramètres sur une longue période de temps que l’on peut espérer faire une évaluation raisonnablement précise de l’état de santé d’un lac.

L’approche méthodologique de l’Association

L’Association se doit d’être prudente avant de se prononcer sur la santé de nos lacs. Ainsi, nous privilégions :

  • mettre l’accent sur l’élargissement de la collecte de données afin d’obtenir un portrait plus complet de la situation.
  • être à l’affut de tout signe de problème ou de menace.
  • concentrer nos efforts sur ces problèmes et menaces avant que la situation devienne hors de contrôle.

En clair, il faut reconnaître que l’homme est à l’origine de tous les problèmes et menaces qui affectent nos lacs. Le cycle de vie naturel de nos cours d’eau se mesure en dizaines de milliers d’années. Or, l’intervention humaine peut accélérer considérablement ce processus.

Le lac Blue Sea

Le lac Blue Sea

En terminant, mentionnons que le lac Blue Sea se caractérise par des données contradictoires comme on le décrit plus haut. Si les résultats du suivi selon les protocoles du RSVL continuent d’être bons, on trouve du périphyton sur les pierres immergées, de grands lits de myriophylle à épi et autres plantes aquatiques ainsi qu’un fond recouvert, au moins en partie, de matière en décomposition. On a aussi déjà trouvé des algues bleues dans le lac. C’est pourquoi l’apport d’éléments nutritifs (phosphore) d’origine humaine dans le lac continue de nous préoccuper. C’est aussi pourquoi nous demandons à tous les résidents de veiller à ce que leurs fosses septiques, la principale source de ces éléments nutritifs, soient entièrement conformes aux normes et fonctionnent correctement. Nous demandons également qu’ils respectent rigoureusement la réglementation de la MRC sur la protection des rives.

En ce qui a trait aux autres lacs de notre bassin versant, nous n’avons pas présentement suffisamment de données pour tirer de conclusion. Cependant, notre approche méthodologique à l’égard de leur état et nos conseils aux riverains seraient les mêmes.

En d’autres termes, un lac en santé est un lac dont les éléments de son écosystème interagissent entre eux et le milieu environnant de façon à maintenir cet écosystème. Un lac malsain en est un dont la pérennité de son écosystème est compromise. Source : « Water Encyclopedia (Science and Issues) – Assessing Lake Health»

Le périphyton est un mélange visqueux brun vert d’organismes d’eau douce et de débris que l’on retrouve sur les objets submergés. Lorsqu’il recouvre les pierres submergées, il nuit au frai des truites. On a démontré que son apparition, de même que la croissance excessive des plantes aquatiques, est attribuable à une augmentation des éléments nutritifs d’un lac (p. ex., le phosphore).

Le phosphore dans la matière organique en décomposition dans le fond du lac est insoluble. Dans cet état, il n’augmente pas la productivité du lac (c.-à-d., la capacité du lac de soutenir la croissance des algues et des plantes aquatiques). Toutefois, ce phosphore peut devenir soluble lorsque les niveaux d’oxygène des sédiments lacustres diminuent et deviennent anoxiques (c.-à-d., en manque d’oxygène). Cela se produit lorsque les algues meurent et tombent au fond du lac. Une fois converti en forme soluble, le phosphore peut être absorbé par les plantes et ainsi accélérer l’eutrophisation du lac (c.-à-d., le vieillissement par l’apport d’éléments nutritifs). À noter que le phosphore de sources humaines pénètre dans le lac sous forme soluble et contribue immédiatement à la productivité du lac. (Source : « Phosphorus and the Kawartha Lakes » par Michael White)

Le RSVL est un programme provincial regroupant des bénévoles qui surveillent la santé de leur lacs. Comme on l’explique sur le site Web du RSVL, ce programme du gouvernement du Québec instauré en 2004 permet aux riverains de mieux connaître et de mieux comprendre leur lac pour participer activement à sa protection.

Merci à nos partenaires